Union professionnelle des conseillers conjugaux et familliaux

Articles écrits par nos membres

Le couple en crise : conseil conjugal ou médiation familiale ?

Conseil conjugal ou médiation familiale ? Quelles différences ?

1. Spécificité du conseil conjugal

Le conseiller conjugal accompagne les partenaires du couple en crise, dans une réflexion et une concertation sur leur couple, son histoire, son actualité et son avenir.

Il leur apporte son soutien psychologique et, le cas échéant, entreprend un travail thérapeutique avec ceux-ci, notamment pour améliorer leur vie relationnelle, affective ou sexuelle.

Il peut également être amené à aider le couple à clarifier ses interrogations sur la poursuite ou la rupture de la vie commune.

2. Apport de la médiation familiale

La médiation familiale est un processus de dénouement des relations conflictuelles, en particulier au sein des couples et des familles.

Elle s’adresse en particulier aux couples en crise qui ont pris une décision de séparation temporaire ou définitive, ou de divorce.

Le médiateur familial est un professionnel de la relation et du conflit, souvent spécialisé en droit familial, et qui accompagne les partenaires dans le maintien d’un dialogue et dans la recherche de solutions durables et satisfaisantes à la rupture de leur couple.

Il guide les parties dans l’expression juridique de leurs ententes, en forme de conventions reconnues par la loi et qui, le cas échéant, peuvent être immédiatement homologuées par le juge compétent.

3. Conclusion

Le(a) médiateur(trice) familial(e) renverra au(à la) conseiller(ère) conjugal(e) le couple en crise qui s’interroge encore sur son avenir.

En revanche, il(elle) pourra prendre le relais du(de la) conseiller(ère) conjugal(e), lorsque les partenaires ont décidé de se séparer, provisoirement ou définitivement, pour organiser avec ceux-ci les modalités de leur rupture (notamment leurs résidences séparées, l’hébergement des enfants, les questions financières entre eux et pour les enfants, les partages éventuels, la liquidation du régime matrimonial).

Comme pour le conseil conjugal, le cadre du travail est confidentiel et a pour objectif d’apporter, notamment, sécurité et apaisement aux partenaires du couple.

Jacques Boland
Médiateur familial agréé
Juriste spécialisé en droit familial
Maître de stage à l’UCL

La solitude.. Souffrance ou moment de grâce

Article de Sylvie Hock

PDF - 2.9 Mo

Centre de documentation Psycendoc

Pour les professionnels de la santé mentale

Centre de documentation spécialisé dans les domaines de la santé mentale, de la psychiatrie et des différents courants de la psychothérapie.

Le Psycendoc fait partie intégrante de la Ligue Bruxelloise Francophone pour la Santé Mentale. Il s’agit d’un centre de documentation spécialisé, ouvert aux professionnels de la santé mentale y compris aux conseillers conjugaux et familiaux.

De très nombreux ouvrages, revues, dossiers thématiques, ... y sont disponibles. Depuis peu, la base de données est consultable en ligne.

Le Psycendoc est accessible tous les lundi et mardi de 12h30 à 16h30 et le mercredi de 10h30 à 13h30.

Le prêt s’élève à 0.50 cents par livre / ou revue pour 15 jours (5 revues ou livres maximum).

Vous pouvez obtenir toutes les informations nécessaires et vous abonner au bulletin via le site internet : http://www.lbfsm.be/spip.php?rubrique18

Contact :

Ariane Coppens, documentaliste du Psycendoc
- Rue du Président, 53 - 1050 Bruxelles
- Tél : 00 32 (0)2.501.01.20
psycendoc.lbfsm@skynet.be

Deux articles autour du couple

"Il était deux fois..." et "Le couple : collage et création ?"

Septembre 2010

Une expérience, deux vécus…

Le couple est une expérience commune qui se décline pour chacun des partenaires selon son vécu et sa personnalité…
Vous trouverez, ci-après, le résultat d’une expérience de deux conseillères conjugales qui se sont questionnées sur des représentations du couple en choisissant une technique de recherche spécifique : le collage.
Chacune a ensuite traduit son vécu sous forme d’un texte…
N’hésitez pas, vous aussi, à prendre papier, crayons, colle, ciseaux, plume ou pinceau…
Profitez-en pour vivre un moment en couple, entre collègues, amis ou …à votre façon et découvrez vos représentations du moment sur le couple.
Vous pouvez nous faire part de vos expériences par mail sur le site de l’UPCCF.

Bénédicte van den Branden et Florence Noël

Il était deux fois...

Deux collègues conseillères conjugales et familiales qui projetaient d’écrire quelques mots sur le couple... Mais comment commencer ? Par quel bout ? Quel fil dérouler pour parler de cette nébuleuse à la fois tellement évidente et tellement complexe ?

L’idée vient alors de s’immerger dans le sujet par le jeu : fabriquer ensemble un collage sur le couple. En feuilletant revues et journaux dans un premier temps, laisser venir les mots et les images que cela évoque pour chacune. Ensuite, les disposer et les coller de concert sur une grande feuille de papier.

Et voilà qu’à travers ce jeu, nous sommes bien obligées de nous confronter à ce "couple", le nôtre, qui existe pour quelques heures autour de ce projet d’écriture. Premiers moments de rires, de connivence, de stupéfaction et de curiosité à voir apparaître les images de l’autre : "alors c’est ça, un couple, pour toi ?"

Et puis il faut coller "ENSEMBLE" !

Allons-nous coller chacune dans un coin de la feuille ? Où allons-nous nous retrouver, nous confronter ? Puis-je investir le "territoire" de l’autre avec mes représentations ? Puis-je prendre le risque d’afficher mes idées, et que va-t-elle en faire ?
Petit à petit, des zones apparaissent sur la feuille : la sienne, la mienne, une construction commune, des vides, des pleins... Comment respecter les tentatives d’élaboration de l’autre, tout en revendiquant une place propre, un espace où je suis "moi" ? Vais-je négocier, ou faire un coup de force en placardant ma photo, et peut-être détourner, voire annuler la sienne ?

S’il y a couple, il y a bien évidemment sexe. Jusqu’où va-t-on le laisser voir, le laisser s’exhiber ? Jusqu’où puis-je accepter les représentations de l’autre, dans sa pudeur autant que dans sa provocation ?

La feuille se remplit... il reste encore des espaces vides, des "blancs"... Quand allons-nous nous arrêter ? Faut-il tout couvrir, tout dire ? Pouvons-nous trouver un juste milieu entre nos vides et nos pleins, nos manques et nos désirs ?

Il était deux fois... juste un petit jeu sans conséquences... qui nous a entraînées malgré nous dans ces mouvements qui agitent incessamment tous les couples. Il en est résulté une histoire, unique, collée et jouée dans le plaisir, le questionnement et la confrontation.

Bénédicte van den Branden
Conseillère conjugale et familiale

Le couple : collage ou création ?

Le couple est une mosaïque, une construction complexe faite de valeurs liées à la société dans laquelle nous vivons, des modèles parentaux que nous avons eu quand nous étions enfants ; c’est un arrangement un peu fou de nos images, de nos fantasmes, de nos rêveries et de nos représentations de la vie à deux à partir de nos vécus.

Certains aspects liés au couple sont conscients et précis, nous savons ce que nous voulons, ce que nous ne voulons pas ou plus : nous savons qui nous sommes. Il y a, par ailleurs, d’autres aspects qui nous échappent même s’ils sont logés au plus intime de nous-mêmes. Ces aspects souterrains ont une influence sur le choix de nos relations sans que nous en ayons conscience. C’est ce qui préserve à toute rencontre sa part de densité et de mystère.

« Je veux de l’amour » crient avec plus ou moins de retenue tous nos efforts à rencontrer celui ou celle qui viendra combler nos manques. Le mythique MEETIC, les petites annonces, le quai de la gare, les amis des amis… tous les moyens sont bons pour une rencontre d’un soir pleine d’espoir…

Un temps entre parenthèse ou une vie à deux à construire ?

Au profit de la rencontre, des artifices nous aveuglent sur nous-mêmes et sur l’autre mais c’est tellement bon d’être le plus beau ou la plus belle de l’autre.
Au cœur de la rencontre, chaque couple définit des codes de conduite : sulfureux ou platoniques corps à corps, délicieux ou douloureux cœurs à cœurs, c’est à l’intersection de deux désirs que se dessine un espace à créer pour le couple.

Parfois les rêves vont se concrétiser en projets communs. C’est la mise en commun de nos représentations préférées et de tout ce que nous ne connaissons pas vraiment de nos désirs les plus secrets.

Les projets se déploient avec les hauts et les bas propres à la confrontation avec la réalité… C’est pour certains le moment de l’étonnement, de la découverte de la différence, de la surprise et ce peut aussi être le moment des désillusions, du prince charmant qui se transforme en crapaud, du super canon qui devient un boulet…

Dans un mécanisme qui semblait parfait se glisse un petit grain de sable qui va empêcher que tout tourne rond, que tout soit idéal. Qu’est-ce qu’on fait des vides et des trop pleins ? Qu’est-ce qu’on fait des frustrations ? C’est le temps des désirs enfouis qui resurgissent on ne sait d’où et qui demandent à se faire entendre…

Est-ce le temps du « game over », le temps de rechercher un autre, plus idéal et qui lui, elle, pourra combler mes besoins et mes désirs ; est-ce le temps de fêter la fin d’une rencontre, de faire l’amour une dernière fois avant d’aller poursuivre ses rêves ailleurs ?

Au cœur de la relation de couple, des temps de réaménagement. Une réflexion sur nos attentes personnelles ou les attentes à l’égard de l’autre. Le temps qui passe, les projets qui se sont réalisés, un peu, beaucoup ou pas du tout réveillent parfois un besoin d’aller plus loin, ailleurs ou pas, ou plus près de soi…

Est-ce que mes désirs restent compatibles avec ceux de mon ou ma partenaire ? Sans doute que « oui » pour certains et peut-être que « non » en y réfléchissant bien. Quelle est ma capacité à profiter de moments intimes dénués de certains mythes ? Au cœur de l’aventure du couple, un potentiel de création pour autant que les partenaires aient supporté les collages et les décollages…

Il y a autant de représentations de couples qu’il y a de couples. Quelle serait la vôtre ?

Florence Noël
Conseillère conjugale et familiale

Sexualité et affectivité de la personne âgée

par Sophie Duesberg

26 Octobre 2008.

Parler de la sexualité, c’est d’abord rappeler une évidence de tous les temps, celle du sexe (mot issu du latin « sectus »signifiant séparation) qui participe à l’identité de chacun.
L’ensemble des êtres vivants, à quelques rares exceptions, se divise en 2 catégories, les mâles et les femelles. Chez les humains, cette différenciation est inscrite dans les premières semaines de la vie fœtale ; l’échographie actuellement peut, très tôt, annoncer : « ce sera un garçon », « ce sera une fille ». Nous sommes donc sexués dès le début de notre vie et le restons jusqu’à la fin.
La sexualité fait partie intégrante de la vie de chaque personne jusqu’à sa mort. Pendant bien longtemps, l’idée que les personnes âgées pouvaient avoir une sexualité a été niée et a même choqué. Actuellement, elle reste un tabou.
Pourquoi l’amour et la sexualité du troisième âge sont-ils tabous ?
Pierre-Philippe Druet suggère la réponse simplement : « Notre société connaît deux grands tabous : l’un porte sur le sexe et l’amour, l’autre sur la mort. Tous deux ont légèrement reculé depuis 30 ans, mais sont loin de disparaître. Or, la sexualité « des vieux » fait converger les deux tabous, qui, dès lors, ne se contentent plus de s’additionner, mais se multiplient l’un par l’autre. »
Notre société nous renvoie aussi des messages tels que :
- « la sexualité est l’apanage de la jeunesse… »,
- « elle est symbole de jeunesse, beauté esthétique »,
- « la personne âgée n’a plus de désir et n’est plus désirable »,
- « cela dépend de l’état physique, de la vie, du tempérament de la personne ».
Certaines réactions renforcent ces clichés et sont significatives du poids de l’éducation, des tabous, des préjugés :
- « à leur âge, ils pourraient se cacher »,
- « ils se donnent en spectacle »,
- « cela choque mon sens de l’esthétique »,
- « vieux cochon, vieux dégoûtant, vicieux, obsédé ».
A cet aspect sociologique s’ajoute aussi un aspect moral et religieux sous-jacent dans beaucoup de nos réactions. Certaines religions n’allient la génitalité et l’activité sexuelle qu’à la procréation, faisant fi du plaisir pourtant régénérateur au plan physique et mental.
L’importance vitale de nos organes comme le rein, le cœur ou le foie est reconnue sans contexte, alors que les organes sexuels, s’ils n’ont comme but que le plaisir seul, sont regardés avec suspicion. Ainsi pour la femme ménopausée, qui ne peut plus se reproduire, le sexe devient inutile. Pour d’autres, la culpabilité s’installe lors de pratiques masturbatoires ou homosexuelles.
Il existe donc des interdits et surtout des non-dits. Les plus de 65 ans parlent peu de leur activité sexuelle et encore moins de leur intérêt pour celle-ci ; du moins les expriment-ils en un langage, souvent métaphorique, qu’il faudrait savoir décoder.
Il semble que la résistance à dire leur vie sexuelle vient de la génération de leurs enfants et des soignants en institution. Les uns et les autres n’étant pas encore tout à fait libérés de la réduction inconsciente de la sexualité à la reproduction, de la difficulté de se défaire du cliché que la dernière étape de la vie est synonyme de pertes et, surtout d’absence de plaisir et de désir, que la personne âgée est condamnée à la solitude et que tout cela « n’est plus de leur âge ». Ne dit-on pas encore fréquemment en voyant un couple âgé : « ils sont mignons, touchants, gentils ? ». Tous adjectifs non employés pour des couples d’adultes.
En plus il existe selon le sexe de la personne âgée une différence de tolérance. Que grand-père marque son intérêt pour le sexe opposé, on dira que c’est un « solide gaillard », « un homme encore vert », à condition qu’il ne ramène pas un héritier supplémentaire dans la famille. Mais que grand-mère en fasse autant, on va trouver justifié de crier au scandale.
Parler de la sexualité des personnes âgées, c’est tout d’abord sortir de deux pensées erronées.
• La première : le troisième âge n’a plus de sexualité.
Un siècle après Freud, notre époque imagine encore (comme je l’ai dit plus haut) que la sexualité s’identifie à la génitalité, qu’elle commence donc à se manifester à l’adolescence et décline après cinquante ans. Les personnes âgées seraient, à en croire cette théorie, « éteintes » et ne devraient plus vivre que « des amitiés » plus ou moins tendres.
Cette position nous apparaît absurde si nous pensons que la sexualité incarne le grand Désir d’aimer et d’être aimé, présent au cœur de toute vie humaine. Comment le moteur de notre vie pourrait-il s’arrêter à cinquante ans, pendant que nous continuerions à vivre ? Pourquoi n’aurions-nous plus besoin d’être aimé, de toutes les façons, à partir d’un certain âge fixé à cinquante ou nonante ans ? Les attentes profondes de l’être humain (amour, respect, identité, autonomie …) restent vives jusque sur son lit de mort : oui, les mourants eux-mêmes ont besoin de caresses.
• La seconde : au troisième âge, tout continue comme avant.
Si on s’appuie sur la continuité de la vie, c’est juste d’affirmer la permanence des besoins, mais c’est faux de croire qu’ils gardent la même forme. L’âge avancé possède « sa sexualité » avec ses caractéristiques biologiques et psychologiques spécifiques, différentes des âges précédents.
Pour chacun de nous, la sexualité englobe des aspects émotionnels, affectifs, psychologiques et intellectuels. Elle s’exprime de bien des manières : l’acte sexuel, les prémisses amoureuses, les fantasmes, les émotions, les sentiments tels que l’amour, la tendresse, l’affection, le désir, le plaisir donné, reçu et procuré par soi-même, l’intimité, la complicité, la proximité, le toucher, les gestes attentionnés, le regard, la séduction…. Elle construit notre identité, enrichit notre personnalité, augmente de façon positive notre image de soi et implique une communication avec autrui.
Cette définition donne une vision de la sexualité comme étant une réalité humaine, complexe et multi-dimentionnelle. C’est un besoin présent à tous les âges de la vie qui ne s’éteindra vraiment qu’avec elle.
Il faut reconnaître que les « professionnels de la vieillesse », y compris les médecins et psychologues, commencent tout juste à s’y intéresser.
En milieu hospitalier gériatrique, maisons de repos ou en soins palliatifs, le sujet est la plupart du temps évité, difficilement abordable, bien souvent générateur chez les soignants d’un sentiment de gêne, de peur, de malaise et de mal-être.
En général, pourquoi sommes-nous dérangés par la sexualité des personnes âgées , si ce n’est en lien avec ce qu’elle suscite en nous, à savoir notre propre pulsionnalité, et les interdits qui y sont associés ?
Comme l’explique bien Géraldine Castiau : « La société dans laquelle nous nous inscrivons fonde la notion de civilisation sur des interdits fondamentaux.
Un interdit fondamental est l’interdit de l’inceste, il introduit la différence des générations et la différence des sexes.
D’autres fantasmes se retrouvent dans le psychisme, bien qu’ils ne soient pas non plus présents dans nos pensées. Ils sont inconscients. Ces fantasmes se traduisent à travers les rêves, les actes manqués, les lapsus, certains de nos comportements sous-tendus par des motivations que nous ne comprenons pas toujours bien, mais aussi les attitudes que nous mettons en place, sans nous en rendre compte, pour éviter de ressentir l’angoisse quand les événements de la vie nous confrontent de trop près à ces fantasmes inconscients. »
On retrouve dans ces attitudes défensives le tutoiement, la mise à distance à travers le rudoiement, la négligence des demandes, la violence parfois, mais aussi le surinvestissement de la relation.
Le complexe d’Œdipe est la métaphore qu’a reprise Freud pour nous expliquer, en s’appuyant sur la mythologie des anciens, la structuration de notre psychisme à partir de ces interdits indispensables à la survie du groupe, et donc des individus.
Bien que confronté aux mêmes interdits de groupes, chacun le vit à sa manière, en fonction de son histoire, de la famille dont il est issu, de l’installation dans les relations qui l’humanisent, du langage dans lequel il baigne et qui l’inscrit dans un monde de sens.
Ce développement psychique fait d’interdits est comme le terreau qui va nourrir les choix de vie, le scénario imaginaire vers lequel nous allons tendre : choix du partenaire, choix des études, de la profession, des amis, …
Or, le travail avec les personnes âgées n’est pas sans solliciter nos représentations inconscientes. Nous sommes aussi, en tant que soignants, bénévoles, familles, parcourus par le pulsionnel. Ceci se traduit par les émotions que nous continuons de ressentir dans notre vie, au contact de ces hommes et ces femmes âgés, ces êtres qui nous touchent et, parfois, nous dégoûtent ou nous font peur. La relation soignante n’est pas neutre.
 Il est important de prendre conscience de cette dynamique, afin de mieux l’accepter, et d’en avoir moins peur. Ceci évitera le développement excessif des mécanismes de défense et permettra de se laisser toucher par les personnes âgées sans être envahi.
La confrontation à la scène sexuelle entre personnes âgées représente souvent un vécu intolérable pour les soignants : « il faut que « ça » cesse… » ou « comment empêcher « ça » ? » ou « c’est horrible ! » et paradoxalement, très souvent, ils ne frappent pas à la porte alors qu’elle est fermée, ils n’attendent pas la réponse, ils n’attendent pas pour revenir plus tard…. Attitudes souvent rationalisées sous prétexte d’organisation ou de manque de temps.
Les personnes âgées représentent des parents ou des grands-parents. La confrontation avec leur sexualité éveille chez ceux de la génération du dessous, le fantasme d’être face à ce qu’ils croient connaître, l’intimité de leurs parents dont ils ont en réalité été exclus et qu’il leur est difficile d’imaginer.
Se retrouver alors dans la réalité de cette scène, dans l’intimité d’un couple, même inconnu, même âgé, correspond à un désir auquel s’adjoint une culpabilité venue du sentiment de transgression (d’où : « il faut que « ça » cesse !)
En ne frappant pas aux portes, on dénie la sexualité. Le tutoiement est une autre attitude utilisée pour mettre la relation à plat et gommer la génération.
Prendre soin de personnes vieillissantes, avoir pour elles l’ambition d’un mieux-être, d’une aide thérapeutique au sens large, c’est avant tout les prendre en compte dans leur globalité, avec leur vécu émotionnel, mais c’est aussi faire un travail sur soi-même pour se laisser toucher sans être envahi par ses propres représentations.
Les questions fréquemment soulevées sont :
- Quelle attitude prendre envers les diverses expressions sexuelles dans des lieux publics ?
- Comment distinguer le consentement sexuel de l’abus sexuel ? (surtout chez les patients souffrant d’un affaiblissement mental)
- Comment être avec les réactions des autres résidents ou les enfants dont les parents âgés se livrent à des activités sexuelles ?
- Pourquoi la sexualité des personnes âgées nous dérange-t-elle tellement ?
Pour conclure, je dirai :
- que la gérontologie et la sexualité des personnes âgées nous renvoient à nous-mêmes et à la façon dont nous gérons notre propre sexualité.
- que l’âge revendique, comme tout individu, un droit à la pudeur et au respect, et qu’aimer ou être aimé ne nécessite pas forcément d’acte sexuel ; il reste alors la notion large de « plaisir » que chaque individu doit vivre comme il l’entend.



Bibliographie :
- Pierre-Philippe Druet, « D’amour parlons ensemble » - du premier au troisième âge afin que chacun ait sa parole. Ed. Presses Universitaires de Namur.
- Roger Dadoun et Gérard Ponthieu, « Vieillir et jouir » - Feux sous la cendre. Ed. Phébus.
- Aude Zeller, « A l’épreuve de la vieillesse ». Ed. Desclée de Brouwer.
- Lucette Holstensson et Marie-Odile Rioufol, « Besoins affectifs et sexualité des personnes âgées en institution » - Le savoir et le « comment faire » face à un tabou. Ed. Masson.
- Henri Danon-Boileau, « De la vieillesse à la mort : point de vue d’un usager » - Ed. Calman-Lévy.
- Géraldine Castiau, « Les cahiers du troisième âge – personnes âgées,vie pulsionnelle, vie sexuelle » - Ed. Kluwer.

UN JOUR MON PRINCE VIENDRA

par M-A Mureau

UN JOUR MON PRINCE VIENDRA

Pour l’écriture de cet article, je me suis basée essentiellement sur le livre de Jacqueline Schaeffer, « Le refus du féminin » dont vous trouverez les références dans la bibliographie.
On ne naît pas femme, on le devient, dit Simone de Beauvoir. La question est de savoir pourquoi et comment on le devient.

La femme a ceci de spécifique, c’est qu’elle doit se construire selon deux pôles bien souvent antagonistes qui sont le féminin maternel et le féminin érotique, la maman et la putain. Pouvoir faire coexister, dans le même lieu, la jouissance de faire croître un enfant en elle, et celle de recevoir en elle le pénis pour la jouissance sexuelle, demande d’avoir pu réconcilier ces deux courants.

Dans la relation mère/fille certains passages sont structuraux pour aider la petite fille à devenir femme : de la fusion à la mère, elle passe à la découverte de son altérité, puis à la découverte de la différence des sexes par la désignation du tiers, objet de désir de la mère, pour arriver au changement d’objet et à l’oedipe.

Jacqueline Schaeffer écrit que le premier moment est un vécu fusionnel où l’enfant ne fait qu’un avec la mère, ce que Freud exprime par la formule : “Je suis le sein”. Si ce moment a été vécu comme une lune de miel fusionnelle, sensuelle et narcissique, il fournit le fantasme, en après-coup, d’un paradis perdu et fait le berceau des futures capacités maternelles de la petite fille et de la femme devenue mère.
Dans cette identification où l’on ne fait qu’un, les fantasmes archaïques de dévoration, de réengloutissement dans le ventre maternel, préludes à l’inéluctable défusion, peuvent être élaborés par l’enfant avec une mère qui “contient” ces mouvements. Les contes pour enfants qui mettent en scène des ogres ou des loups dévorateurs, dont on ouvre le ventre pour délivrer les enfants, sont un relais pour l’élaboration de ces fantasmes.
Si ce moment de fusion n’a pu avoir lieu, parce que la mère n’a pas pu investir son enfant ou qu’elle l’a trop investi pour se compléter elle-même, l’enfant se construit un univers menaçant et dangereux.
Par ailleurs, si ce moment a été insatisfaisant ou inachevé, l’individu risque de rester dans une quête inlassable de relation fusionnelle.
(Le trop de maternel qui exclut le père et vise à faire de l’enfant un complément narcissique de la mère menace l’enfant dans son identité et dans sa future sexualité d’adulte. “Si ma mère avait eu un amant, je n’aurais pas passé ma vie à mourir de soif au bord de chaque fontaine” dit Romain Gary).

Cette relation fusionnelle avec sa fille, de même sexe qu’elle et de même sexe que sa propre mère, va évoluer en fonction des angoisses de rivalité et d’inceste réveillées chez la mère qui va se tourner vers son mari pour se séparer de sa fille et redevenir femme. Dans la relation mère/fille, écrit Jacqueline Schaeffer, tantôt prévaut l’altérité, tantôt prévaut l’identique : tout le travail psychique de ce moment est d’organiser l’altérité tout en conservant l’identité. Dans ce mouvement, pour la fille, se séparer de sa mère, c’est la penser en tant que femme, c’est entrer dans l’Oedipe.
Le retour de la mère vers son amant désigne à l’enfant un tiers séducteur auquel l’enfant va lier les absences de la mère et l’excitation ressentie pendant ces absences. Elle va se tourner vers lui également et investir son propre corps comme moyen de séduction.
(Le trop d’amante de la mère peut susciter chez la fille une haine de l’amante, de la scène primitive et de la sexualité : elle ne peut qu’être frigide pour être une bonne mère).
La petite fille envieuse de la toute-puissance de sa mère va la regarder comme une méchante sorcière : sa mère ne lui a donné qu’une fente, tout irait mieux si elle avait un pénis. Son père pourrait le lui donner ou son substitut, un bébé.
C’est alors que la mère va endormir sa princesse en lui disant : ”un jour ton prince viendra”. Le fantasme que ce qui lui manque poussera un jour met la fille sur la voie de l’attente du prince qui remplacera son pénis manquant par un bébé.

La princesse va attendre du prince tout autant la jouissance, pour être aimée érotiquement qu’un bébé substitut de pénis, pour être comblée narcissiquement.

Les filles n’en finissent pas d’attendre : attente d’avoir des seins, des règles, un amant, un bébé, l’accouchement, etc... Attentes douloureuses, et dont la réalisation bouleverse à chaque fois leur économie narcissique, attentes non maîtrisables mais confiantes si elles ont pu penser la satisfaction à venir et s’en réjouir. Le lien douleur-plaisir accompagne la femme tout au long de sa vie de femme.

Ceci, grâce à un ancrage solide dans le masochisme qu’on appelle masochisme féminin et qui trouve son origine dans le masochisme primaire.
Lors de l’effraction par la pulsion (voir plus bas), le nourrisson n’a d’autre issue que de lier la poussée en érotisant la souffrance. Afin de l’aider à contenir l’excitation, il a besoin du concours de sa mère qui, par l’alternance “suffisamment bonne” de sa présence-absence, donne à l’enfant la possibilité d’anticiper la satisfaction avec une confiance et une sécurité suffisantes pour éviter une désorganisation traumatique. C’est ce qui lui permettra, par exemple, de sucer son pouce jusqu’à l’extinction de l’excitation par la perte de conscience dans le sommeil ou la dérivation vers une autre activité.

Jacqueline Schaeffer écrit encore que le masochisme féminin érotique est au service de la jouissance dans le rapport sexuel où la femme doit se soumettre à la pénétration par l’amant (“subir le coït” dit Freud). Il n’est pas un appel au sadisme agi mais il confère à la femme, malgré les résistances de son Moi, une capacité d’ouverture et d’abandon à de fortes quantités libidinales et à la possession par l’homme. Il dit : “fais de moi ce que tu veux “ et il a une profonde confiance en l’amant. La jouissance sexuelle est d’essence masochique érotique car, sont réunis dans un même lieu, le déplaisir du Moi et la jouissance du ça. Ce masochisme-là n’est pas mortifère, il est gardien de vie, gardien de la jouissance.
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La femme se soumet par amour, sans lequel elle ne peut s’abandonner pleinement. C’est pourquoi elle est plus exposée à l’angoisse de perte d’amour. Ce qui la rend dépendante et soumise à la domination de l’homme dans la relation sexuelle. L’amant doit donc être un homme fiable capable de l’accompagner de plus en plus loin dans cette aventure.

Car, le féminin n’est pas atteint avec le premier rapport sexuel, il est une conquête incessante du fait de la poussée constante de la pulsion. C’est en acceptant l’effraction que le femme peut accéder à la jouissance sexuelle.
Or son Moi le refuse absolument. Comment dès lors réduire cet antagonisme ?

La pulsion, représentation psychique d’excitations provenant de l’intérieur du corps, provoque une tension qui ne peut être levée que par la satisfaction. Or la poussée de la pulsion sexuelle est constante et ne peut donc être satisfaite, écrit Jacqueline Schaeffer, c’est ce qui différencie l’homme de l’animal dont l’instinct sexuel est soumis au rut et à l’oestrus qui sont périodiques.

Le 1er effracteur, c’est la pulsion elle-même, un corps étranger interne. Le fait qu’elle pousse constamment alors que le Moi doit se périodiser, lui fait violence et lui impose une exigence de travail. Si l’appareil psychique ne peut maîtriser l’excitation, puisque la pulsion y fait échec par sa poussée constante, il a alors recours à divers procédés des plus primitifs aux plus évolués pour trouver l’apaisement : répression, perversion, négociation, sublimation, ou bien il se laisse pénétrer et le Moi doit accepter d’être noyé, de perdre ses limites, ce qui lui est difficilement supportable.

Le 2è effracteur, nous dit Jacqueline Schaeffer, c’est la différence sexuelle. La perception de la différence anatomique est une épreuve de réalité imposée au Moi qui à nouveau n’a pas le choix. Le sexe féminin invisible, secret, avec son ouverture est source d’angoisse (angoisse de perte, de manque, angoisse de pénétration, d’envahissement) aussi bien chez le garçon que chez la fille. Pour s’en défendre, l’enfant a recours à une théorie de la différence des sexes qui est une négation de la différence : avoir un pénis ou pas, tout ou rien. On est dans la logique phallique, adoptée par les deux sexes, le garçon ayant peur de perdre son pénis et la fille envie de l’avoir. Le passage par la phase phallique du surinvestissement du pénis est un passage obligé pour la fille comme pour le garçon, car c’est le moyen de se dégager de la toute-puissance de la mère et d’investir le père. Lors de l’élaboration du complexe d’oedipe, dans une identification à sa mère, la fille va investir son corps sexué pour séduire le père et, dans la rivalité avec elle, attendre de lui un bébé, puis elle devra renoncer au père pour attendre le prince charmant qui viendra satisfaire son désir.

Le 3è effracteur, préparé par les deux premières épreuves est l’amant de la relation sexuelle de jouissance qui s’impose sans fuite possible et sans pare-excitations et crée et arrache son féminin à la femme (Jacqueline Schaeffer).

A la puberté, les filles se mettent à avoir des seins et des règles. Le vagin entre en scène et ne peut plus être nié, mais ce n’est que lors de la pénétration par l’amant que la fille pourra en éprouver toutes les sensations (Jacques André) .

Pourtant l’accès au féminin ne s’arrête pas là, il réside dans le dépassement du conflit entre son Moi qui haît la défaite, ne veut pas se soumettre et son sexe qui veut être pénétré par le sexe de l’homme et se soumettre à son désir.

L’amant, écrit Jacqueline Schaeffer, doit affronter ce conflit et arracher la femme à son refus en réveillant son sexe dormant. Il est pour la femme ce que la pulsion a été pour le Moi, l’obligation d’accepter l’étranger inquiétant et familier. Elle est contrainte à un travail de féminin et ne peut se laisser pénétrer que si elle a pu transformer ses angoisses d’intrusion prégénitales en angoisses de pénétration génitales. Le fantasme de viol très érotisé vient souvent marquer le passage d’un mode d’angoisse à l’autre.

Si le Moi est nécessairement effracté par la poussée constante, il peut se laisser ouvrir un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout (comme l’écrit J. Schaeffer), selon sa capacité à supporter l’effraction de la pulsion.
Bien sûr, il ne peut s’y soumettre constamment et doit la transformer en poussées périodiques, il introduit alors le rythme, le tri, le fractionnement selon une triple solution : soit il privilégie les stratégies de défense qui visent la survie et le maintien de sa cohésion narcissique, et il se ferme à l’invasion de la pulsion et à l’objet qui est fécalisé (la femme fait tout pour châtrer son homme, nier la puissance de son pénis), soit, selon un mode anal, il contrôle l’ouverture et la fermeture (la femme négocie, se donne sous conditions, se refuse quand ça l’arrange, se soumet par peur de perdre son objet d’amour), soit il s’ouvre et se soumet, et à certains moments, il peut s’abandonner à des expériences d’effacement des limites, d’extase, de jouissance sexuelle.
La jouissance féminine n’a rien à voir avec l’orgasme que Jacqueline Schaeffer range parmi les procédés destinés à contrôler la poussée de la pulsion, où il y a décharge de la tension. La jouissance, elle, ne peut advenir qu’en signant la défaite du Moi.

Plus le Moi admet de pulsion sexuelle en son sein, plus il a accès à la jouissance sexuelle, et plus il est riche, mieux il vit, mieux il aime, moins il est malade et mieux il pense . C’est vraiment le sens de “faire l’amour”. (Jacqueline Schaeffer)

Un jour, Zeus et Héra eurent l’idée de poser à Tirésias cette question : Qui de l’homme ou de la femme éprouve le plus de jouissance dans l’acte sexuel ? Tirésias, qui avait été femme pendant huit ans avant de redevenir homme, savait de quoi il parlait quand il répondit que si la jouissance d’amour se composait de dix parts l’homme ne jouissait que d’une seule et la femme de neuf (Stephane Proia, Bernard Chouvier).


BIBLIOGRAPHIE

André Jacques, Aux origines féminines de la sexualité, PUF, Paris, 1995

Goldstein Claude, Maîtrise de la pulsion ou maîtrise par la pulsion, in Revue Française de Psychanalyse, PUF, Paris, 3,1995

Proia Stéphane et Chouvier Bernard, De Tiresias au refus du féminin, in Dialogue 180, Eres, Paris, 2008

Schaeffer Jacqueline, La différence des sexes dans le couple ou la co-création du masculin et du féminin, cycle de conférences d’introduction à la psychanalyse de l’adulte, Société psychanalytique de Paris, 20 mars 2003

Schaeffer Jacqueline et Goldstein Claude, “Anal” et “Fécal” : la contre-pulsion, in Revue Française de psychanalyse, PUF, Paris, 5, 1998

Schaeffer Jacqueline, Le refus du féminin (La sphinge et son âme en peine), Paris, PUF, « Epîtres », 1197, 2003. Nouvelle édition « Quadrige », Essais, Débats, postface de René Roussillon, 2008

La sexualité féminine, in Dictionnaire de la psychanalyse, Encyclopaedia Universalis, Albin Michel, Paris 2001


Marie-Antoinette Mureau
Conseillère Conjugale
Centre de Nivelles

La genèse d’un groupe

par Gabi Avot

LA GENESE D’UN GROUPE

(Souvenirs et associations théoriques à partir d’un séminaire résidentiel de 5 jours, vécu au sein du CEFFRAP en 2003).

L’année passée, en juillet, j’ai décidé de participer à un séminaire résidentiel de 5 jours organisé par le CEFFRAP, organisme créé en 1962 par D.Anzieu. Ce lieu de recherche et de formation d’approche psychanalytique du groupe a pour but de mieux saisir la vie d’un groupe ou d’une institution, ses processus psychiques et son inconscient groupal. Cette immersion dans le « groupal » a été pour moi une expérience extraordinaire. Elle m’a permis de vivre directement des processus et des dynamiques de structuration d’un groupe accompagné et encadré par des « groupanalystes » très expérimentés. J’ai pu ainsi, sur le plan émotionnel et affectif, progresser dans ma compréhension de nombreux éléments qui constituent l’évolution de tout groupe humain, des couples et des familles (domaine de mon travail quotidien).
Je voudrais ici faire le lien entre cette expérience personnelle et quelques concepts théoriques qui me sont devenus plus clairs, en m’inspirant des actes d’un colloque organisé par le CEFFRAP le 11.01.2003 : « L’identité narcissique du groupe ».

Pour mieux situer ce lien, voici quelques précisions du dispositif méthodologique de ce séminaire :
La session s’est déroulée en « internat », à Marly-le-Roi, dans un lieu très agréable entouré d’un parc. Chaque participant bénéficiait d’une chambre individuelle. Ainsi, chacun était mis en retrait ou en « isolat culturel », hors de la réalité quotidienne. Cette coupure induit une énorme densité du vécu en groupe et confère aux temps « hors séance » une place spécifique dans l’ensemble du processus groupal. Les 44 inscrits (la plupart travaillant dans le réseau psycho-social, sans que cela soit une condition nécessaire de participation) étaient au préalable répartis en 4 « petits groupes » encadrés par un couple de « groupanalystes », les moniteurs.
Le premier matin, une courte séance plénière ouvrait la session, au cours de laquelle un des groupanalystes énonçait les règles de fonctionnement. Les noms des participants étaient lus à haute voix en fonction des petits groupes dans lesquels ils étaient répartis (sans avoir été impliqués ou consultés) ; chaque liste était affichée sur la porte des salles.
Chaque jour, le travail se partageait en trois séances suivies, en fin de journée, d’une séance plénière rassemblant tous les participants et tous les moniteurs de la session. Dans les « petits groupes », les participants étaient invités à donner à leurs questionnements et aux élaborations de leurs associations de pensée, un prolongement dans des jeux psychodramatiques. Dans les séances plénières, seule la parole était requise.
La règle de base était, en bonne attitude analytique, de donner libre cours à ses associations, à ce qui se présentait à l’esprit et cela en présence des autres participants et des moniteurs. Dans la salle, il y avait un espace scénique pour les jeux et un espace de parole où les chaises étaient disposées en cercle. Le couple de nos moniteurs indiquait aussi les règles du psychodrame groupal : le jeu se passe dans l’espace scénique, on ne peut pas se toucher. Celui qui veut jouer donne le nom, l’âge et le sexe de la personne qu’il veut représenter. Les autres s’ajoutent au fur et à mesure. Au cours du jeu, les autres participants peuvent intervenir, prendre un rôle supplémentaire. Peuvent être représentées des personnes et des choses. Après la phase du jeu de rôle, on en fait l’analyse en groupe en se replaçant dans l’espace de parole.
L’élaboration du thème est un temps de travail préalable : toutes les associations, tous les rêves peuvent servir de point de départ. Le cadre prévoit que des évènements imprévus puissent se produire car dans cet « imprévisible » l’inconscient du groupe s’exprime.
Les interprétations des moniteurs ne concernent pas l’individuel mais seulement le groupe.

Une fois la mise au point des règles de fonctionnement terminée, le silence s’installa, un silence long et lourd, difficile à rompre, sans aucune aide des moniteurs. Personne ne connaissait personne. Il n’y avait pas de repères, personne ne savait comment entrer en communication et se situer par rapport aux autres. Des regards sollicitant les moniteurs restaient sans réponse, pas de facilitation, pas d’invitation à se présenter, rien. Personnellement, je me sentais partagée entre l’envie de briser ce silence, de prendre la parole pour me soulager et l’angoisse de me singulariser, de me livrer à l’inconnu.
André Missenard définit cette situation comme « pré-groupale engendrant pour chaque participant un flou de ses limites du moi, un manque à être. Chacun vit la position collective de ne pas être un groupe, d’être seul, devant un genre de néant angoissant. Ceci crée une situation d’urgence identificatoire ».
Au commencement, n’était que collectivité, pluralité, indistinction, un rassemblement de personnes, livrées à leurs propres attentes, une situation « originaire ». En y réfléchissant, cela m’a fait penser à la Genèse, un des textes fondateurs de notre culture qui met en langage mythique le commencement du monde à partir d’un néant : ...Or la terre était vide et vague... (Gen 1,2).
Ce début de séminaire me semblait vide et vague. Mais peut-être y avait-il une présence : le désir des deux moniteurs qui avaient préparé le séminaire, composé la liste des participants. Comme le dit A.Missenard (p.15) : à l’origine se situe le désir du couple de moniteurs (comparables aux futurs parents) « qu’un petit groupe (l’enfant) soit, désir auquel se sont associés ensuite les participants. »
Ce désir était probablement à l’origine d’un processus : à un moment un participant « se jetait à l’eau », prenait la parole, disait quelque chose de lui, se présentait. La direction était donnée. Les autres suivaient, soulagés de pouvoir s’identifier à cette première délimitation, base pour tous les échanges à venir. Un espace psychique imaginaire s’ouvrait.

Sans pouvoir retracer ici en détail la création de notre petit groupe, je voudrais mettre en évidence quelques épisodes de sa « genèse », quelques éléments qui ont contribué à sa formation, quelques processus qui sont intervenus pour nous permettre de nous sentir « membres », pour qu’une identité, une enveloppe groupale ou (pour utiliser un terme de J.Villier) un « tissu psychique groupal » se met en place ; ce « nous » qui, en fin de parcours, nous distinguait des autres groupes.
Après avoir brisé la glace par un tour de présentations des uns et des autres en évoquant nos origines très diverses (France, Canada, Belgique, Suisse, Allemagne), un premier échange s’est développé autour des rapports différents avec la langue, à l’expression verbale en lien avec sa langue maternelle ou étrangère : le français parlé par un belge, par une québécoise, par une suissesse, par un français ou par une allemande, l’accent, l’intonation, le sens. On parlait de la richesse d’une langue, d’un cerveau qui s’ouvre à d’autres manières de la parler, de la ressentir.
Quelqu’un a comparé l’expérience des 5 jours à venir à un voyage... un autre participant a précisé : « un voyage vers l’intérieur. » Un autre a ajouté : « il y a des risques à prendre ».
Puis les règles données ont été interrogées comme points de repère, comme contraintes...
Enfin nous nous sommes demandés comment nous parler : en nous tutoyant ou en nous vouvoyant ? Cela peut évoluer entre deux personnes, selon ce qui se dit et selon le contexte, le groupe, en séance, dans le feu de l’action... L’absence d’une personne, après l’interruption de midi, est venue interagir sur le groupe et a posé plein de questions.

Plus tard le thème du premier jeu de psychodrame a émergé : l’accueil d’une étrangère dans un groupe déjà constitué. Nous avons inventé ensemble le scénario, mis en place et distribué les rôles. Le jeu mettait en scène ce que chacun était en train de vivre : le fait de se sentir nouvel arrivé, non-intégré, étranger, les façons d’apprivoiser l’inconnu, de se rapprocher, de créer quelque chose ensemble.

En fin de journée, tous les petits groupes se retrouvaient pendant 1h15 en « séance plénière ». Dans une grande salle complètement vide, un mur en miroir, 52 chaises étaient préparées pour les participants et leurs moniteurs assis en un énorme cercle. Aucune parole introductive. Le sentiment d’être bloquée par ce silence était fort et je me sentais très seule et perdue dans cette « masse ». Mais ici aussi la glace s’est brisée. Des questionnements et associations ont émergé, ont été formulés : « Qu’attend-on du groupe ? Qu’il porte... » Une image a surgi : « comme nager dans des vagues avec des creux et des hauts en gardant le plaisir de se laisser porter... » Jusqu’où cela peut-il aller ? Des craintes, angoisses, prudences sont apparues :
- le groupe reflète comme un miroir : est-ce qu’on se reconnaît dans ce miroir ?
- on pourrait y perdre son identité... comme sa carte d’identité qu’on peut perdre.
Le sentiment de se sentir isolé ou abandonné dans le groupe était évoqué. Le fait de vivre la participation à ce séminaire sous contrainte ou librement était mis en rapport avec le paiement des frais : ceux qui le payaient de leur poche se sentaient plus libres que ceux pour qui l’employeur avait payé.

Au repas, on se « retrouvait », les premiers liens de sympathie individuels à l’intérieur de notre « petit groupe » s’exprimaient. Lise m’invitait à une promenade dans le parc avant le dîner et à table on faisait connaissance avec d’autres. « On » décidait de faire une promenade après le repas « en groupe », le Belge, l’Allemande, une Française et la Canadienne de notre « petit groupe » ainsi qu’un Canadien d’un autre « petit groupe ».

Le deuxième jour a été marquée par l’agressivité, des questionnements et mises en scène autour de la différence des générations : elles s’exprimèrent dans le premier jeu, une scène de réunion de famille marquée par des accusations, inculpations mutuelles, manque de respect et escalade de violences verbales.
Elle apparut dans des critiques et attaques des membres du groupe contre les attitudes de nos moniteurs. Ceux-ci devenaient porteurs de tous les manques : on échangeait à propos de la voix tremblante de notre moniteur (qui exprimerait soi-disant ainsi son angoisse devant nous) et on évoquait le grand âge de notre monitrice (qui la rapprocherait de la mort).
Une première ébauche du sentiment d’unité de notre groupe se dessina ainsi, dans nos projections sur les côtés soi-disant négatifs de nos moniteurs. En « cassant du sucre sur leur dos » nous nous trouvions « unifiés ». Le moniteur devenait porteur de l’angoisse, de la faiblesse et de l’échec du groupe.
Cependant, à la fin de la journée, nous nous étions définis comme le « groupe international ». De plus, nous nous imaginions que nos moniteurs avaient intentionnellement choisi de créer cette identité en sélectionnant dans la liste de tous les inscrits des nationalités différentes. Ainsi, nous devenions en quelque sorte leur groupe « élu » ! Au cours des pauses, nous interrogions les autres groupes à propos du nombre de scènes qu’ils avaient déjà jouées, nous nous sentions « les meilleurs », parce que nous en avions joué plus.
Bref, notre noyau narcissique était créé. Les limites entre le dedans et le dehors étaient clairement établies, l’enveloppe groupale ou « un espace imaginaire commun de base » avait pris forme.

Dans cet espace imaginaire, que D.Kaës appelle « l’étoffe onirique du groupe » pouvaient maintenant se déployer de plus en plus les désirs inconscients des membres. Le groupe est selon lui un « espace de rêves partagés, il est aussi rêve commun et par là une forme de l’illusion et de l’illusoire ».
Désormais, de « l’intime » pouvait émerger dans notre « petit groupe » tout autant dans les échanges que dans les jeux. On osait se livrer et ouvrir en profondeur des questions liées à l’identité sexuelle par exemple : « Comment se pose-t-elle quand on joue l’autre sexe ? » « Qu’est-ce que cela provoque de devenir un homme, une femme, le temps d’un jeu de rôle ? »

Mais la fin du séminaire arriva, il fallut se quitter après 5 jours, non sans tristesse, après avoir bien festoyé ensemble le dernier soir et après avoir pris les adresses de chacun afin de maintenir les contacts...
Chose qui ne s’est évidemment pas faite suivant la logique de « l’illusion groupale ».

Gabi AVOT
Conseillère conjugale et familiale

Le complexe fraternel

par Marie-Antoinette Mureau

Les frères et les soeurs sont représentés dans la mythologie de multiples façons : par la haine fratricide de Caïn contre Abel, par l’union incestueuse d’Isis et d’Osiris, par les jumeaux Castor et Pollux, par Narcisse inconsolable de la perte de sa soeur et qu’il cherche à retrouver en regardant son propre reflet dans l’eau.
La littérature regorge de romans sur les rapports fraternels dans tous leurs aspects les plus fratricides, incestueux, ou de complicité, d’amour, de solidarité.

Dans cet article, pour vous parler des relations fraternelles, je me suis basée sur la pensée de René Kaës développée dans son livre intitulé " le complexe fraternel". Lorsque j’utilise le mot frère il est bien entendu qu’il contient aussi le mot soeur.

Kaës développe l’idée que la fratrie et tout ce qu’elle comporte comme caractéristiques n’est pas, comme l’ont longtemps pensé les psychanalystes, un simple déplacement du complexe d’oedipe sur les frères et soeurs, mais un complexe particulier dans toute sa complexité avec ses spécificités propres qui s’origine dans le parental et ouvre sur la filiation. Il n’est pas le déplacement de l’ambivalence amour-haine à l’égard des parents mais porte des valeurs propres. Le triangle observé n’est pas comme dans le complexe d’oedipe composé des angles enfant/père/mère mais celui composé des angles enfant/frères-soeurs/parents.
Dans notre civilisation occidentale où le pouvoir du "’père" est en déclin, où nous rencontrons de nouvelles configurations de couple, de famille, et de fratrie, ce complexe prend toute son importance dans la formation du sujet, dans ses identifications, ses choix amoureux, dans les groupes et les institutions.
C’est dans la fratrie que s’éprouvent et s’installent les expériences de l’acceptation de l’autre, de la justice, du partage, de l’amour, de la mutualité et de la solidarité au-delà de la jalousie mais par l’incessant dépassement de la jalousie et de la haine.
L’organisation des rapports sociaux est liée à l’organisation des liens fraternels : le groupe, le clan n’est possible que s’il y a eu dépassement de l’envie et de la jalousie dans l’identification au semblable. La force de l’être ensemble est recherchée dans tout groupe sur le modèle de la fraternité.

Si on considère une famille de trois enfants, le complexe fraternel s’organisera différemment selon la position de chacun dans la fratrie, le sexe de l’enfant, l’écart d’âge entre eux et comment les parents ont eux-mêmes vécus leur propre complexe fraternel.
Le complexe fraternel est emboîté dans le complexe d’oedipe mais ils ne se confondent même s’ils peuvent se substituer l’un à l’autre, frères et soeurs parentalisés, parents fraternels.
Il se modifie à la mort des parents, se réactive à la naissance de nos propres enfants, et dans toutes les grandes transformations de la vie qui nous remettent en contact avec l’infantile.

La fonction maternelle a pour mission les soins premiers , l’enveloppe pare-excitation, le porte-parole, la fonction paternelle, la position du tiers qui sépare de la mère et entraîne à la découverte du monde, la fonction fraternelle inclut dans la communauté des hommes, l’intrus, la rivalité, la jalousie pour les traiter, les contenir dans le système des alliances symboliques avec le social.

Le complexe fraternel s’articule sur le versant narcissique et sur celui de la reconnaissance de l’altérité.

Le versant narcissique repose sur une identification au semblable de même génération, issu de la même origine réelle, imaginaire ou symbolique (enfants adoptés, familles recomposées).

Le double narcissique

Le frère est un rival qui doit être reconnu comme un même que soi . Il est un double auquel s’identifier, un autre même que moi avec qui je suis en sympathie, il est aussi un idéal et un persécuteur envers qui j’éprouve de la jalousie et la concurrence.
Le frère est un double narcissique, un miroir. C’est particulièrement le cas chez les jumeaux monozygotes où l’autre est le semblable absolu avec qui l’enfant vit des expériences de fusion, de confusion des affects, des sentiments, des pensées, ce qui entraîne une difficulté à faire la différence entre Moi et autrui.
La recherche du semblable dans le frère contribue à renforcer l’imaginaire de l’unité. La fratrie vue comme une fratrie merveilleuse qui forme un ensemble un et fort, tout-puissant contre l’extérieur.
Tout en étant un miroir, il peut être également d’une inquiétante étrangeté étant donné l’identification encore instable entre le Moi et l’autre vécu comme un double cruel et persécuteur.
Il peut aussi servir à la projection sur lui des pulsions destructrices du sujet.

Le compagnon imaginaire, frère ou soeur, compagnon de jeu est souvent présent chez les enfants uniques comme consolateur, idéal ou persécuteur afin d’ échapper à la pression que vit l’enfant comme unique objet d’attention de ses parents.
L’enfant substitut et remplaçant un enfant mort se vit comme un double ou une doublure ce qui vient complexifier encore son complexe fraternel.

Dans le couple frère/soeur, le sujet entre en contact avec un double bisexuel : c’est moi en garçon pour la fille, moi en fille pour le garçon. Ce qui peut être vécu comme une défense nostalgique de l’unité défaite, réparatrice de la blessure d’être une moitié, est surtout la rencontre du monde féminin pour le garçon, du monde masculin pour la fille, ce qui permet des identifications appartenant à l’autre sexe et une bisexualité psychique épanouie dans le dépassement des conflits amour/haine.

La fonction narcissique du complexe fraternel dans sa forme positive a une fonction structurante, délimitatrice dans la formation du Moi.

L’intrus, le rival

Le complexe fraternel se heurte à l’interdit du fratricide et à l’angoisse du sevrage et de l’abandon.

La venue au monde d’un rival constitue une menace pour la suprématie de l’aîné, suscite en lui des sentiments de jalousie, d’hostilité, de haine, vis-à-vis de l’intrus et de vifs ressentiments contre les parents à propos des frères et soeurs qu’ils lui ont imposés. Il n’est plus le centre du monde et cela représente une obligation de renoncer à sa toute-puissance narcissique fantasmée.
Les plus jeunes voient en leurs aînés des concurrents, chacun voulant monopoliser à son profit l’amour des parents, la possession de l’espace et des objets.
Même un enfant unique ressent agressivité et jalousie envers des frères et soeurs imaginaires à travers toutes les situations où il est en danger de perdre l’attention exclusive de ses parents dans des contacts avec d’autres enfants.
La haine pour un frère peut aussi être un déplacement de la haine vis-à-vis des parents avec pour fonction de les épargner et de les protéger : résolution magique qui ne résout rien puisqu’un enfant doit accepter sa haine et de se représenter en tiers exclu du couple parental.
Le frère peut être aussi un dépotoir dans lequel se débarrasser de sa violence et de ses affects indésirables, afin de préserver une image idéalisée de soi-même

La violence contenue dans l’envie et la jalousie est d’essence différente :
l’envie est soutenue par la haine de ce que l’autre est, la jalousie par la haine de ce qu’il possède (l’amour de l’autre).
L’enjeu est de vouloir posséder ce que l’autre possède pour être ce qu’il est.

La rivalité est la compétition nécessaire pour s’assurer l’accès à un bien nécessaire à la vie, l’amour, l’objet que possède l’autre, ce qui fait vivre le risque du manque. Pouvoir, dans la relation fraternelle, vivre la rivalité à travers le jeu ouvre un espace de partage, de limites et de frontières.

La jalousie est normale et nécessaire. "Quand la jalousie semble manquer dans le caractère et le comportement d’un être humain, il est justifié de penser qu’elle a succombé à un fort refoulement et joue de ce fait dans la vie d’âme inconsciente un rôle d’autant plus grand" (Freud).

La jalousie jointe à l’identification est à la genèse de la tendresse et des sentiments sociaux : la haine qui ne peut être satisfaite sans dommage est retournée en son contraire. La transformation des sentiments de rivalité en un amour pour l’objet, le retournement de la haine en tendresse se produisent dans le mouvement de l’identification au frère.

"Une fois la haine exprimée, l’amour a une chance" dit Winnicott qui insiste sur la nécessité d’une expérience d’égoïsme primaire avec une mère s’adaptant aux besoins de son bébé, et attendant qu’il accède à la capacité d’admettre que l’autre existe indépendamment de lui, expérience qui préside à la naissance du sentiment de générosité. Mais, auparavant, l’enfant aura dû éprouver la haine et sa potentialité destructrice.

Associés à la jalousie et à la rivalité, la curiosité et le désir de savoir sont des dépassements de l’envie. La naissance de l’autre fraternel oblige à la connaissance de l’origine de la vie, de l’activité sexuelle des parents, à la reconnaissance du désir de l’autre, celui de la mère pour le père, celui des parents pour un autre semblable. L’existence du frère ou de la soeur joue un rôle dans le développement de la pensée.

La gratitude est la mémoire active des bonnes choses reçues et des personnes dont elles proviennent. Elle implique la reconnaissance d’un autre que moi, elle s’éprouve dans la relation fraternelle, par la mémoire du compagnonnage qui soutient frères et soeurs dans leurs explorations d’eux-mêmes comme semblables et différents.

Les dimensions de rivalité, haine, envie, jalousie, sont mobilisés dans les liens de groupe et d’institution, sans jamais être réduits, ils sont transformables pour que les couples, familles, groupes, institutions et les sujets qui les forment puissent vivre ensemble.

L’amour et la sexualité

Dans les fratries toutes les nuances de l’amour peuvent se décliner : non seulement la tendresse, mais aussi la confiance, la connivence, le soutien, la solidarité, la gratitude, le jeu, l’attention à l’autre et le don de soi, mais encore tous les excès de l’amour : la passion, l’inceste, les perversions.

Il est des cas où l’amour pour les frères et soeurs ne laisse apparaître que plus tard, au moment de la mort des parents, les rivalités, l’envie, la jalousie qui furent soigneusement et efficacement refoulées dans la première enfance du fait de l’enfant lui-même ou de celui des parents soucieux de maintenir l’harmonie entre frères et soeurs pour des raisons qui leur sont propres.

Il est des cas où l’amour n’est pas seulement une formation réactionnelle et le renversement de la haine, mais l’effet d’une sécurité suffisante de l’enfant devant la venue du nouveau-né : sécurité basée sur la prévenance de la mère qui associe le père à la procréation, et avec laquelle les enfants peuvent penser chaque nouvelle naissance comme un événement partageable. Sécurité basée aussi sur le soutien que les parents apportent à leurs enfants dans la reconnaissance de leurs différences et de leur singularité, dans les identifications du Moi au semblable. La solidarité entre frères et soeurs s’en nourrit, même si elle s’exerce parfois contre les parents, même si elle conjure la rivalité fraternelle.

De même que le complexe d’Oedipe, le complexe fraternel a des effets sur les choix d’objet amoureux. Les choix d’objet narcissique ou d’étayage ou les deux peuvent se faire aussi bien en relation avec un frère ou une soeur qu’avec un père ou une mère.
Avoir un frère ou une soeur préféré(e), idéalisé(e) peut conduire à chercher un conjoint avec qui retrouver ce frère ou cette soeur.

Le groupe fraternel

Le groupe fraternel se construit dans l’espace interne et les vicissitudes des relations fraternelles : naissance, mort, maladie, attitude des parents, culture familiale, traditions historiques...
Il se construit comme une entité psychique spécifique mais relative au couple parental : il ne suffit pas d’avoir les mêmes parents pour être frère et soeur. Les enfants d’une même fratrie n’ont pas tout-à-fait les mêmes pères et les mêmes mères, car les parents changent entre la naissance du premier et celle du dernier. Il n’y pas de différence de génération entre les enfants (et encore pas toujours) mais des différences de rang ou un rang égal dans le cas des jumeaux.
Intervient aussi le désir ou non d’avoir des frères : ne plus être seul centre d’intérêt ou de soutien des parents, répartir les charges de leur investissement, avoir un compagnon.
Les enfants se reconnaissent comme frères et soeurs, et s’identifient comme membres de cet ensemble à travers :
- le désir des parents, leur discours sur leurs enfants, la manière dont ils les identifient entre eux comme frères et soeurs.
- la place assignée à l’enfant, celle d’un parent, d’un ancêtre, d’un gardien du frère...
- l’identification des parents par les enfants : exclus du couple sexuel, reconnaissance qu’ils engendrent les frères et soeurs et qu’ils les précèdent, triomphe de l’association fraternelle comme une force qui s’oppose aux parents.

Enfin, le groupe fraternel produit une histoire qui se transmet.

La communauté des frères et les sentiments sociaux

Freud l’a constamment affirmé ; la haine, l’hostilité vis-à-vis du frère et le désir fratricide sont premiers. En rencontrant les interdits fondamentaux du meurtre et de l’inceste, en surmontant la rivalité par l’identification à l’autre, les frères font alliance et construisent un surmoi et des idéaux communs et partagés.
La communauté des frères passe d’une communauté caractérisée par l’acceptation des règles construites sur un interdit qui s’impose à chacun, à une communauté où la circulation de l’idéal permet la consolidation du lien entre les pairs : c’est la naissance des sentiments sociaux.
La vie familiale, l’expérience des groupes et des institutions nous confrontent régulièrement et avec insistance à cette double exigence d’amour égal pour tous et de justice auxquels les parents sont tenus, ceci afin de contenir et transformer en sentiment d’amour, la rivalité jalouse.
KAËS René, le complexe fraternel, Dunod, Paris, 2008
Marie-Antoinette Mureau
Conseillère Conjugale
Centre de Nivelles

Conseil conjugal ou sexologie clinique ?

par Marie-Geneviève Drapier

Quand consulter un conseiller conjugal ou un sexologue clinicien ?

LE CONSEIL CONJUGAL ET FAMILIAL


Le conseiller conjugal et familial, professionnel de la relation d’aide, est spécialisé dans la relation de couple et les relations intrafamiliales. Il va recevoir des personnes de tout âge en couple ou non, consultant pour des difficultés conjugales, familiales, affectives, relationnelles, sexuelles et d’épanouissement personnel. Par un accompagnement personnalisé et une réflexion, il va aider les personnes qui le consultent à faire le point, analyser leur situation, exprimer leurs sentiments, leurs attentes et leurs besoins, apprendre à gérer les conflits et à mieux communiquer, découvrir des solutions concrètes, trouver ou retrouver une nouvelle dynamique relationnelle.

Si, lors des consultations de conseil conjugal et familial, des difficultés sexuelles sont évoquées, le travail portera plutôt sur les aspects psychologiques et relationnels.

LA SEXOLOGIE CLINIQUE


Le sexologue, professionnel de la santé, peut être médecin mais peut aussi venir d’autres horizons du domaine de la santé. La sexologie est la science qui étudie la sexualité humaine ; elle va prendre en charge ses troubles par une approche globale de la personne.

Le cabinet du sexologue est un lieu d’écoute et d’échange sur l’intime, sujet peu aisé à aborder dans la vie courante. Cette démarche demande souvent un effort et reste relativement tabou. La consultation en sexologie permet à une personne d’exprimer sa souffrance, parler de ses souhaits, relativiser ses idéaux, se trouver normal malgré ses dysfonctionnements, d’évoquer des croyances et ignorances, sources de craintes.

Le sexologue va s’intéresser aux aspects de la vie érotique de son patient, sans négliger sa dimension psychologique. Les thèmes tels que le manque de désir, le vaginisme, les difficultés érectiles, l’éjaculation prématurée, la satisfaction et les blocages sexuels (,…) peuvent être abordés. A l’aide d’outils propres au type de thérapie qu’il pratique et au problème de son patient, le sexologue indiquera des exercices corporels très efficaces. Le consultant sera amené à pratiquer les divers exercices ou recommandations prescrits par le sexologue aussi bien durant la consultation que chez lui. Il apprendra à mieux connaître son corps et sa réponse sexuelle, à contrôler ses muscles et sa respiration.

Une visite peut également être simplement une demande d’information ou de conseil sur un sujet de préoccupation.

Seul est habilité à demander à son patient de se déshabiller le sexologue qui est médecin ou le sexologue qui est formé au massage psychosensoriel ou massage équivalent. (x)

Le titre "sexologue" n’étant pas protégé juridiquement, il est important, de se donner la liberté de demander au sexologue que l’on consulte la formation qu’il a pour exercer cette profession.
Marie-Geneviève DRAPIER, Conseil conjugal et familial, Sexologie clinique, mgdrapier@yahoo.fr

(x) Dans ces cas, les procédures qui impliquent la nudité du ou des patients doivent se pratiquer dans des lieux adéquats à la désérotisation des pratiques sexothérapeutiques et à des fins thérapeutiques évidentes, selon une technique éprouvée et confrontée par une expérience sérieuse du sexologue. (Code d’éthique de la SSUB, Art. 21)

L’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : un acte intime qui ne touche pas que le corps

par Marie-Geneviève Drapier

L’IVG est un acte volontaire et responsable, et non un réflexe biologique comme le serait une fausse-couche. En l’autorisant partiellement (la femme doit être dans une situation de « détresse »), la loi en a fait également « un droit ». Mais, partant de ce droit, on en est venu à plus se préoccuper de la sécurisation de l’ « acte médical », ce qui est bien entendu compréhensible lorsque l’on pense à toutes les femmes qui, suite à des avortements clandestins, réalisés dans des conditions d’hygiène déplorables, sont décédées ou ont subi de graves dommages physiques. Or, il ne faut pas négliger d’approfondir ce que représente l’avortement.
En effet, lorsqu’une femme ou un couple décide d’avoir recours à une IVG car elle/ils ne peut (peuvent) assumer cette grossesse (1) il est important que le personnel accueillant, dont peuvent faire partie les conseillères conjugales et familiales, de ne pas négliger l’impact psychologique d’une telle intervention pour la femme (et son compagnon lorsqu’il est impliqué émotionnellement dans cette grossesse). L’IVG ne touche pas que le corps et la conception est le fruit de la rencontre (amoureuse ou non) d’un homme et d’une femme.


Rappel historique concernant la contraception et l’IVG en Belgique

Dans les années 50, les femmes belges n’avaient ni moyens contraceptifs fiables, ni le droit d’avorter. Ainsi, celles qui ne souhaitaient pas mener leur grossesse à terme et en avaient les moyens se rendirent dès 1968 en Grande-Bretagne ou dans certains cantons suisses où les IVG se réalisaient dans de bonnes conditions sanitaires. Dans les années 1970, elles eurent la possibilité d’aller également en Pologne ou aux Pays-Bas, ce dernier venant de légaliser l’IVG selon la méthode dite « d’aspiration » (2).
L’avortement étant puni par la loi, de rares médecins le pratiquaient chez nous et l’unique recours des femmes ou jeunes-filles démunies était soit de tenter elles-mêmes d’avorter avec des moyens rudimentaires et/ou inefficaces tels que des bains de moutarde, soit d’ingérer des préparations plus ou moins douteuses. Leur dernier recours était de se rendre chez une « faiseuse d’anges ». Ces dernières pratiquaient les avortements chez elles, dans un environnement sanitaire inadéquat, en utilisant des méthodes douloureuses et dangereuses (aiguille à tricoter par exemple). Les complications d’avortement et leur gravité étaient étroitement liées au type de méthodes abortives utilisées. Les méthodes les plus "à risque" étaient celles basées sur des préparations utilisées par les faiseuses d’anges, l’insertion d’objets dans l’utérus, l’utilisation de médicaments en surdosage, les produits chimiques. Les complications les plus fréquentes étaient des lésions des organes génitaux, des douleurs pelviennes chroniques, des infections, des hémorragies, des hystérectomies, des problèmes de stérilité et d’incontinence, et parfois le décès de la femme. À ces problèmes de santé s’ajoutaient toutes les conséquences psychologiques et sociales pour les femmes. Notons que ces méthodes sont toujours en usage dans des régions défavorisées du monde.

Il fallut attendre 1973 pour que la contraception soit autorisée en Belgique. Quant à l’avortement, c’est en 1990 qu’une loi le dépénalisant partiellement fut votée. Actuellement, il se déroule en toute sécurité dans les hôpitaux ou les centres de planning familial (centres extra-hospitaliers) qui furent à la base de la lutte pour la contraception et la légalisation de l’avortement.

Actuellement

L’IVG reste un sujet sensible et si l’on écrit ce terme dans un moteur de recherche, on peut trouver différents sites le dénigrant et/ou cherchant à décourager les femmes (3) que ce soit un droit acquis, c’est un acquit fragile, qui reste toujours à défendre.
Selon certains de ses détracteurs, l’IVG ne serait plus nécessaire, étant donné l’accès à la contraception ; pour d’autres, la législation actuelle encouragerait cet acte et le banaliserait au point qu’on s’en servirait comme moyen contraceptif. Mais, bien sûr, rares sont les femmes qui l’utiliseraient de cette manière car aucune ne se fait avorter à la légère. En outre, selon Fr. Kuyen (4) « Le nombre d’avortements est le plus faible dans les régions où la législation est libérale. En Europe occidentale, le nombre d’avortements pour 1.000 femmes en âge de procréer est de 12 alors qu’il atteint 32/1000 en Amérique Latine. Les lois restrictives en matière d’avortement n’ont pas pour conséquence de diminuer le nombre d’IVG, mais vont généralement de pair avec une mauvaise disponibilité de moyens contraceptifs efficaces (….) et elle ajoute que si la disponibilité de moyens contraceptifs efficaces fait chuter le nombre d’avortements, la nécessité des interruptions de grossesse ne disparaît pas pour autant. L’OMS a calculé que même si tout le monde utilisait sans erreur de l’utilisateur le moyen contraceptif choisi, il y aurait chaque année 5,9 millions d’avortements suite aux échecs inévitables de la contraception (5).

Le rôle de l’accueillant(e) en planning familial

Comme nous l’avons dit ci-dessus, l’avancée que représente la législation permettant l’IVG ne doit pas occulter ce que sous-tend cette grossesse non désirée. Ainsi les accueillant(e)s ne sont pas là seulement pour régler les aspects administratifs de l’IVG, expliquer son déroulement et donner des informations complémentaires concernant la contraception. Elles sont également là pour écouter les sentiments des femmes et peut-être de leur conjoint : la peur de l’acte médical et de la souffrance physique, les regrets « ce n’était pas le bon moment d’avoir un enfant », ou l’impérieux besoin de se débarrasser de « cela », la culpabilité… Les accueillantes vont se trouver non seulement face à la réalité de l’acte proprement dit, aux aspects émotionnels de celui-ci sur la femme, le conjoint et/ou le couple, mais aussi sur ce que l’IVG peut représenter pour elles-mêmes et l’impact qu’il peut avoir sur elles (6).

Quelques aspects psychologiques

Les grossesses qui donneront lieu à une IVG sont-elles dues à un échec de la contraception ? Il existe bien entendu des accidents de contraception, par exemple en ce qui concerne la prise de pilule : vomissements, prise d’antibiotiques, d’un antidépresseur naturel comme le Millepertuis ... Cependant, L. Boltanski (7) constate que l’accident de contraception est d’ordre comportemental plutôt que technique et laisse souvent pointer un certain désir de grossesse dont la femme est consciente » (8). M. Pascau (2008), parlant des grossesses non désirées chez les adolescentes nous dit qu’il ne faut pas y voir « un accident », car ce serait méconnaître la souffrance de ces jeunes filles et leurs difficultés à prendre soin de leur corps, à assumer les tensions psychiques inhérentes à la sexualité, à tolérer d’attendre pour devenir « grandes ».

Selon cet auteur, une grossesse non désirée peut résulter d’une confusion entre un désir de grossesse et un désir d’enfant. Si la grossesse et son interruption sont deux mouvements contradictoires, ceux-ci sont liés au niveau inconscient par une même fonction symbolique : c’est un désir qui ne concerne pas un enfant réel et auquel il faut renoncer : « Pour toutes les femmes, désirer un enfant, c’est avant tout désirer redonner le jour à celui qu’elles ont été, et en quelque sorte se substituer à leur propre mère (9) ». Ce fantasme, qui peut surgir dans des conditions peu favorables, sera non pas un désir d’enfant, mais un désir de grossesse qui débouchera sur une IVG car « Dans l’expérience de la grossesse et de son interruption, une part d’elle-même tente d’advenir. Une autre, parfois, est rejetée ».(10)

En tant que conseillère conjugale ayant fait partie d’une équipe IVG et ayant reçu en entretien psychologique, parfois de nombreuses années plus tard, des femmes qui ont eu recours à une IVG, je suis consciente de l’importance et même de la nécessité des entretiens pré et post-IVG, voire de l’accompagnement psychologique de la femme (et/ou du couple) si certaines difficultés apparaissent. Non pas, bien entendu, pour critiquer la décision de la femme, la culpabiliser ou remettre en cause le droit à l’avortement comme certains le craignent (11), mais justement pour l’(les) accompagner le mieux possible dans cet acte qui touche aussi bien le corps que l’âme et pour tenter d’éviter que cet acte ne vienne perturber leur relation actuelle ou future. Ces entretiens éviteront que des parts d’ombre subsistent et offriront une place à chaque femme et à son vécu de l’IVG afin de l’élaborer et de l’intégrer dans son histoire pour en minimiser l’éventuel impact négatif sur la suite de sa vie.

Conclusions

Même si l’intervention médicale est rapide (quelques minutes pour l’aspiration proprement dite, quelques heures si l’on tient compte des entretiens médicaux et psychologiques), selon M. Bailly (12), (accueillante IVG en centre de planning familial), il fait « bruisser l’histoire de la vie d’une femme (…), il n’est pas rien du tout » ; il pose de surcroît la « question éthique de la valeur de la vie, la sienne, celle d’un « autre » possible ». En effet, même les avortements totalement assumés peuvent laisser à cette vie qui n’a pas vécu une place imaginaire dans l’histoire familiale : « il aurait 25 ans », « je suis sûre que c’était une fille, un garçon » etc. (13) La douleur pourrait réapparaître également si un projet de grossesse ultérieur se trouvait compliqué ou long dans sa mise en place.

Marie-Geneviève DRAPIER
Conseil conjugal et familial
Sexologue

(1) Selon le Centre d’Action Laïque, « Le lien entre précarité et avortement est indéniable, comme le démontrent les études internationales ». (http://www.laicite.be/images/tinymce/zone02/CAL-IVG-Brochure-lastversion.pdf)
(2) Pour rappel, il existe deux méthodes d’IVG, la méthode dite « d’aspiration » jusqu’à 12 semaines d’aménorrhée (1er jour des dernières règles) et la méthode "médicamenteuse" jusqu’à 7 semaines d’aménorrhée.
(3) Voir des sites comme http://avortementivg.com
(4) Gynécologue au CHU Tivoli à La Louvière, en centres de planning et centres extra-hospitaliers – Membre de la Commission Nationale d’Évaluation de la loi concernant l’Avortement.
(5) Centre d’Action Laïque Droit à l’avortement en Belgique – Etat des lieux 2013 : « Mythes autour de l’avortement », p. 3 http://www.laicite.be/images/tinymce/zone02/CAL-IVG-Brochure-lastversion.pdf
(6) Notons, également, l’importance pour les équipes « IVG » de pouvoir partager leurs émotions lors de supervisions comme cela a cours dans certains centres de planning familial.
(7) Cité par M.-A. Hermitte, 2007.
(8) Boltanski, L., 2004. La Condition fœtale : une sociologie de l’engendrement et de l’avortement, Paris, Gallimard., cité par HERMITTE, M.-A. (2007), in « De l’avortement aux procréations artificielles, toute-puissance du projet parental », p. 276.
(9) M. Bydlowski (1980) cité par M. Pascau..
(10) PASCAU, M. (2008), « Le conseiller conjugal et familial dans les entretiens autour de l’IVG », Revue Dialogue, n° 4, Eres, pp 118-119.
(11) Bailly, M. (2008) « Aux marges du féminin, Accueillir et accompagner l’avortement ».
(12) ibidem, p4, §6
(13) Hermitte, M.-A. (2007) ; “De l’avortement aux procréations artificielles, la toute-puissance du projet parental’, p. 3 (5).


Bibliographie


BAILLY, M. (2008), « Aux marges du féminin, Accueillir et accompagner l’avortement ». http://www.uclouvain.be/cps/ucl/doc/laap/documents/aux-marges-du-feminin.pdf
Revue Dialogue, n° 4, Eres pp. 115 à 126.
HERMITTE, M.-A. (2007), « De l’avortement aux procréations artificielles, toute-puissance du projet parental », EDP Sciences | Natures Sciences Sociétés, 2007/3 - Vol. 15, pp. 274 à 279.
PASCAU, M. (2008), « Le conseiller conjugal et familial dans les entretiens autour de l’IVG »,

Sites Internet

Avortement.com ; et si on y réfléchissait : http://avortementivg.com/
Centre d’Action Laïque : Droit à l’avortement en Belgique – Etat des lieux 2013 : http://www.laicite.be/images/tinymce/zone02/CAL-IVG-Brochure-lastversion.pdf

Le syndrome du nid vide (reportage RTBF 17/10/2014)

Florence NOEL, présidente de l’UP, apporte un éclairage professionnel de CCF sur le syndrome du nid vide (à 1min17 !)
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Du coup de foudre jusqu’à la fin du couple, Toute une vie d’amour est née d’une collaboration écrite père–fille. Alors que Jacques Mercier nous romance les moments importants de la vie d’un couple, Sophie Mercier les explique, les décortique et suggère des pistes pour un mieux être dans la relation. C’est un guide pratique de la vie amoureuse et des sentiments, proposé par un écrivain et par sa fille conseillère conjugale.

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